Inde: Premières impressions… plutôt mitigées


Ce post fait parti de la série sur le nord de l’Inde que j’ai eu l’occasion de découvrir récemment

Delhi, 19 août 2016.

Je viens d’atterir. Mon passage à l’aéroport est bref. Le temps de récupérer mon sac et de me voir délivrer mon visa électronique, voilà que je saute déjà dans un taxi prépayé.

Mon chauffeur, Abhi, m’accueille avec ce fameux sourire qui fait la renommée du peuple indien, à savoir un sourire franc et chaleureux. Il me gratifie d’un bonjour et me fait comprendre par un hochement de tête que nous sommes prêt à partir.

Nous roulons à présent au pas. Le traffic est particulièrement dense. Les 50 minutes de trajet qui me séparent de l’hôtel où je dois rester les premiers jours me paraissent interminables. Au bout d’une vingtaine de minutes, nous gagnons le centre de Delhi.

En soi, mon arrivée en ville se fait dans la plus grande des traditions: au milieu des bruits de klaxons, des chauffeurs de voitures, toucs-toucs, motos et autres véhicules, qui ne cessent de se griller la priorité et échangent quelques “politesses” avant de poursuivre leur course folle.

Rien d’anormal donc. J’ai vécu ce genre de scènes maintes fois au cours de voyages précédents.

Mais le dépaysement est ailleurs. Et il est violent.

Au dehors, la rue offre un spectacle déroutant où tout et tout le monde se croise et se mêle.

Les trottoirs défoncés, quand ils existent, débordent d’immondices.

Les routes, souvent trop étroites pour accueillir le flot des véhicules, sont occupées par les vaches, animal sacré, qui dorment à même la chaussée.

En hauteur, les ponts – ouvrages gigantesques, symbole d’un pays qui connait une modernisation trop brutale – accueillent des voix rapides qui ne sont pas terminées.

En contre-bas, ces mêmes ponts servent de refuge à des familles entières qui ont élu domicile sous leur parvis, tentant ainsi de trouver un minimum de confort sous des amas de tôle et de carton.

Je regarde ma montre. 35 minutes, déjà, que nous avons quitté l’aéroport. Mon taxi continue de rouler au pas.

Abhi s’efforce de me faire la conversation dans un anglais plus qu’approximatif, curieux de savoir d’où je viens et ce qui m’amène en Inde.

Je me contente de répondre par des phrases courtes. Ses questions ne parviennent pas à détourner mon attention de ce qui se passe au-dehors.

Partout dans les rues, hommes, femmes, enfants et vieillards déambulent dans l’espoir de trouver des petits boulots qui leur permettront de vivre, ou survivre, un jour, peut-être une semaine. Recyclage de matériaux, lavage de vitres aux feux rouges, cirage de chaussures, tout y passe.

Je croise le regard de certains d’entre eux. Ils semblent surpris à ma vue. Les femmes blanches voyageant seules ne semblent effectivement pas être monnaie courante par ici.

Mais au-delà de leur simple surprise, c’est la fatigue et la lassitude que je lis dans leur regard.

Tout du moins, jusqu’à ce qu’ils me gratifient d’un sourire radieux. Leur regard mêle alors curiosité et bonté.

Je regarde un peu plus loin. Derrière eux, des enfants ont fait des vieilles carcasses de voitures leur terrain de jeu et rient aux éclats comme si la vie n’appartenait qu’à eux.

C’est cela en fait l’Inde. Un pays où les plus démunis se contentent du rien et en font un tout.

La misère est tout de même déconcertante. Pour un occidental, habitué à son petit confort, le choc est grand.

Ce n’est pas faute d’avoir été prévenue, pourtant.

Quelques mois plus tôt, un ami m’avait dit que les premiers jours seraient les plus difficiles. “Tu n’auras qu’une idée en tête,” m’avait-il dit. “Rebrousser chemin et rentrer sur Londres. Mais si tu décides de rester, crois-moi, tu commenceras vraiment à apprécier ton séjour.”

Je garde donc espoir.

En attendant, j’aperçois, au-loin, l’hôtel grand luxe où vont avoir lieu les différentes cérémonies du mariage. L’endroit contraste tragiquement avec la réalité de la rue et la gêne que je ressens à ce moment précis est proportionnelle au choc ressenti quelques minutes plus tôt, lorsque mon taxi à traversé les zones les plus démunies de la ville: elle est immense.

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